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Zouirik Ismail , l'enfant terrible de la hamra Ville d'ocre et de lumière , de luxuriances , de vastitudes , de gazouillis et de senteure , marrakech est , de ce fait , le berceau par excellence de la créativité et des reveries douceureuses . Ici donc des pentres , des poètes naissent et prospèrent au fil des saisons . ZOUIRIK ISMAIL est , à la fois , de ceux-ci et de ceux-là . la rime et le pinceau sont deux flambeaux que ce " costaud de la cité rouge sait vaillamment brandir . les haltéres lui faisant défaut depuis belle lurette , il s'applique simultanément à semer la rime subtile et à jongler avec les formes et les couleurs. En dépit des rigueurs climatiques , comme d'ailleurs tout marrakchi authentique , le poète- peintre en présence se sent merveilleusement dans son élément à l'ombre de son éternelle koutoubia ou sous les frondaisens de l'immense palmeraie techfinienne . sa constante ubiquité dans les domaines pédagogique et culturel fait l'admiration aussi bien de ses pairs que de ses nombreux et jeunes adeptes . le remarquqble intéret qu'il perte tout particulièrement dans sa , ville natale , à la promotion des arts et des lettres n'a d'égal que sa ferveur d'é cologue tenant à l'environnement qui l'avait vu s'épanouir son pittoresque et sa splendeur . c'est ainsi que , pour lui , le palmier est un fétiche mis , depuis longtemps , en exergue dans maints poèmes et , depuis qu'il a commencé à peindre , représenté comme un symbole vivant , une entité indissoluble , une relique à sacraliser . " le palmier , nous confie-t-il , est omniprésent aussi bien dans mes écrits que dans mes différentes gouaches . Je le considère comme l'emblède la cité , un aspect vivace de sa pérennité " . Au plan littéraire et plus précisément linguistique , ZOUIRIK est considéré comme l'un des défenseurs invétéréque , d'un purisme , de nos jours , offert en pature à une tribu de verbeux . " ils crucifient , dit-il mer , ajjamakhchari et sibaoueyh au clair du jour !" . Concernant la poésie , il prete l'oreille qu'a des créations tenant rigourusement compte des régles les plus élémentaires de la versification . De par alors une longue expérience et de constantes recherches en matière poétique , ZOUIRIK constitue avec un groupe assez restreint le tete de file de toute une fourmilière de créateurs . bien sur essetiellement arabophone , ce groupe que l'on peut sans peine baptiser la " PLEADE D'AL HAMRA "a conscience de s'assumer devant l'histoire , de demeurer le témoin sagace de son temps . ZOUIRIK , tout particulièment , exploite sa stature de tribun , sa voix de stenter et demeure jaloux d'une crédibilité et d'une probité intellectuelle acquises au prix de tant d'années de sacerdoce , de don de soi et de productivité . la multitude de poèmes publiés dans la presse nationale et arabe en est la preuve la plus éloquement . Emule d'bou al qacem ach-chabbi et meme de mahmoud darwich , cet enfant terrible de la cité almoravide nous a l'air d'un aumonier prossant aux cotés d'un IBN TACHFINE ressuscité . Inspecteur de l'Enseignement , il visite infatigablement et en un véritable apotre les coins et les recoins de Marrakerch natale sur un frele vélomoteur . Il reconforte les poètes frustrés , les artisstes reclus . Il jugule les zizanies , redresse d'inextricables situations et retourne , le soir , dans ses murs avec la satisfaction d'un pédagogue averti ou d'un serviteur de la société ayant su réhumaniser les coeurs insensibles , remettre sur la bonne voie les esprits égarés . N'est-ce pas là , la mission de tout poète digne de ce nom ? Pour en revenir à son art pictural , signalons sa toute première et récente exposition sur les oimaises de dar AL BACHA . une dizaine d'oeuvres d'une facture de bon alei dut attirer un nombreux public ému ainsi que des connaisseurs avisés . Il s'gissait de gouaches , comme on devait s'y attendre , révélatrices d'une tendance spécifique à tous les dignes visionnaires natifs de sidi BEL ABBES . une telle œuvre va du " vu " dans toute sa nudité et sa simplicité à un allégorique consommé. En somme , l'observateur fasciné a sous les yeus un agglomérat de murs ocres , de mosaiques ancestrales , de minaret , de vertes coupoles , de sapains ou de palmiers luxuriants ou de personnages semblant émerger d'un autre temps et d'un autre monde . Faut-il le soulignes , le mysticisme et l'irrationnel sont ici prévalents . Quelle élaboration méticuleuse de formes et pittoresque effet de tons d'une luminosité et d'une chaleur irrémédiablement présahariennes . Or avec , des fois , un ingrédient de jalousie et de mauvaise foi , des regards , s'il en est torves , tiennent à trouver de troublantes similitudes entre les travaux de ZOUIRIK et ceux de feu saladi , autre enfant du terroir . Mais les vicieuses insinuations ne dérangent nullement un créateur lui-meme ayant fait ses armes dans une critique sans complaisance aucune . Il est fort plausible que ZOUIRIK ait hérité quelque chose du grand peintre récemment disparu , puisqu'ils durent , un temps , se cotoyer . Mais chacun a sa propre manière et sa propre vision sauf qu'une probité intellectuelle et une large culture viennent à la rescousse de l'art de ZOUIRIK , répétons-le , d'une si bonne facturement dit une thématèque consciencieusement murie et ingénieusement élaberée . HAJ TOUHAMI SEFRIOUI |